Système territorial et développement : Impact de la route Nouakchott-Nouadhibou sur le Parc National du Banc d’Arguin

Publié le 01 mars 2019 /

Thèse de Khadijatou SENEH

Date de soutenance : 11 avril 2012 à l’Université du Havre Normandie.

Titre de la thèse : Système territorial et développement : Impact de la route Nouakchott-Nouadhibou sur le Parc National du Banc d’Arguin.

Directeur de thèse : Benjamin Steck.

https://hal-normandie-univ.archives-ouvertes.fr/IDEES/tel-00707044

Résumé de la thèse : La question de la construction d’infrastructures de transport est souvent associée à celle des politiques de développement territorial, notamment dans les pays en voie de développement. Dans un pays comme la Mauritanie, vaste, désertique et peuplé majoritairement de nomades, le transport et la mobilité constituent un enjeu central pour la vie quotidienne. L’ouverture, en 2004, de la route Nouakchott-Nouadhibou, revêt une triple dimension géostratégique, politique et socioéconomique. Elle a des impacts à trois échelles : internationale, nationale et locale. La route contribue à structurer l’espace mauritanien en reliant les deux capitales politiques et économiques du pays. Elle s’inscrit dans le cadre du projet de grandes liaisons transafricaines, d’où son importance sur le plan de l’intégration régionale. À l’échelle locale cette route longe la frontière orientale du Parc National du Banc d’Arguin (PNBA). Les résultats de l’analyse empirique de cette thèse affirment que cette route a contribué à l’émergence de changements organisationnels axés sur l’accessibilité. D’une part, la route a généré une croissance des flux (pêcheurs, pasteurs, migrants subsahariens, touristes…) tout en accentuant un phénomène de sédentarisation aux périphéries du PNBA, difficile à maîtriser. D’autre part, elle a permis à la population locale une facilité d’accès aux services de base (santé, eau, écoles) et aux marchés. Cette nouvelle dynamique spatiale, dans un territoire conçu autour de la ” conservation de la nature “, est à la foi perçue comme source de dégradation de l’environnement et considérée comme vecteur de développement socioéconomique. Cette contradiction révèle la difficulté à dissocier l’impact environnemental ” négatif ” du transport, de son impact ” positif ” sur le développement socioéconomique. Elle témoigne aussi de la difficulté qu’il y a à maîtriser le ” degré ” d’ouverture et de fermeture de l’espace protégé. Dans cette recherche, l’espace est appréhendé dans une triple dimension sociale, idéelle et naturelle. Autrement dit, il s’agit d’explorer le champ des politiques publiques, celui des représentations et pratiques des différents acteurs ainsi que le champ physique qui constitue le support de ces actions.

Auteur

  • Khadijetou SENEH
  • Directeur

  • Benjamin STECK
  • Date de soutenance

  • 11/04/2012
  • Lieu

  • Université du Havre Normandie