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Accueil du site > PROJET DE L’UMR IDEES

Projet de l’axe thématique 4 : sociétés numériques

par Sophie de PEINDRAY d’AMBELLE - publié le , mis à jour le

A. PRESENTATION DE L’AXE

L’axe « Sociétés numériques » succède à l’axe « Innovation et développement » notamment pour recentrer les réflexions autour d’un « objet numérique » qu’il convient de re-définir collectivement au-delà même de l’approche catégorielle classique : « réseaux, services, usages ». Il s’agit de conforter l’interdisciplinarité nécessaire à l’analyse des « sociétés numériques » dont le pluriel renvoie notamment à la pluralité des formes que prennent désormais les usages et appropriations des technologies de l’information et de la communication au sein des territoires. Cet axe s’adresse aussi bien aux spécialistes du numérique qu’aux « non-spécialistes » membres de l’UMR IDEES amenés à intégrer dans leurs travaux cette dimension qui constitue aujourd’hui une variable clé d’explication des dynamiques territoriales contemporaines et des pratiques de communication entre individus (traces). Cet axe réunit des géographes (12), des chercheurs en science de l’information et de la communication (4), des sociologues (2), des économistes (2), des spécialistes de Sciences de l’Education (2), un informaticien (1) et une historienne (1). A ces membres titulaires, s’ajoutent 5 doctorant.e.s. qui ont choisi de s’engager dans une thèse convoquant cette dimension numérique. Ce groupe pourra s’élargir à d’autres membres de l’UMR souhaitant participer aux travaux mais aussi à des personnalités extérieures.

A.1 les personnes (membres de l’axe)

Porteurs de l’axe :

- LIENARD F. (MCF-HDR, U. LE HAVRE), Info-communication
- VIDAL P., (MCF, U. LE HAVRE), géographie

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A.2. Les objectifs majeurs (et sous axes)

L’axe 4 « Sociétés numériques » envisagera cinq grands thèmes de travail qui ont à voir avec les changements en cours dans toutes les sociétés (les nords, les suds, les pays de l’Europe de l’est et asiatiques).

-  La « Ville intelligente » et les « territoires numériques » sont des notions qu’il s’agira d’interroger à la lumière des expérimentations en cours en France et à l’étranger. L’approche monographique et comparatiste semble nécessaire pour comprendre en quoi le numérique participe de « l’intelligence des territoires ».

-  La donnée numérique et les façons dont ces données et outils de géolocalisation sont produites voire co-produites, mais aussi traitées dans le cadre de dispositifs participatifs très partagés ou plus confidentiels (open data, big data, self data, cloud personnel et protection des données).

-  Les apprentissages numériques qui portent aussi bien sur des apprentissages individuels dans les secteurs de la formation et de l’éducation, que sur des apprentissages collectifs (la démocratie électronique, le co-apprentissage, la production de MOOCS…).

-  Les espaces immatériels et les débats soulevés sur le type d’humanité numérique, sur les individualités numériques, sur les identités numériques et sur le développement des réseaux sociaux notamment (communautés virtuelles, e-réputation).

-  La question identitaire, patrimoniale et touristique à l’heure du numérique. Les TIC apparaissent désormais comme un moyen efficace de mise en patrimoine et de mise en tourisme des territoires en même temps qu’elles contribuent à redéfinir leurs identités territoriales et leur « être-au-monde ».

B. LE PROJET SCIENTIFIQUE

Le projet scientifique repose sur une analyse des changements induits par le déploiement et les usages du numérique au sein des sociétés. Ces changements sont de différentes natures. Ils portent aussi bien sur la façon dont les politiques pensent désormais le territoire (intelligent et agile) que sur la façon dont les usagers eux-mêmes envisagent leurs relations à leur environnement quotidien, à leurs relations sociales, à leurs pratiques de consommation, de divertissement et de formation. Il en ressort une demande paradoxale de retour au local et à la proximité en même temps qu’un désir ubiquitaire mondialisé. Parallèlement, des espaces comme des individus se tiennent ou sont mis à l’écart du numérique. Ces situations imposent sans doute de produire une grille d’analyse permettant de comprendre les « sociétés numériques ». Cette grille d’analyse passe par l’établissement de passerelles méthodologiques et épistémologiques entre les chercheurs du laboratoire et l’organisation de séminaires réguliers centrés sur cet objectif.

B.1. Analyse SWOT

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Parmi les forces sur lesquelles la dynamique de groupe pourra s’établir, figurent des pratiques interdisciplinaires déjà nombreuses, que ce soit dans le cadre de colloques, de publications d’articles, ou de participation à des contrats de recherche centrés sur les TIC. Par ailleurs, la présence de la revue Netcom donne à l’UMR IDEES une visibilité nationale et internationale dans le domaine du numérique en géographie et plus largement en SHS. Les différents réseaux internationaux auxquels participent les chercheurs membres de cet axe représentent aussi un point d’appui important dans la perspective de l’obtention de projets de recherche. Enfin, dès la licence 2 et jusqu’en master, des formations existent en géographie et en sciences de l’information et de la communication pour permettre aux étudiants qui le souhaitent, de s’engager, en toute connaissance de cause dans une thèse de doctorat portant sur les « sociétés numériques ». Ceci constitue un terreau très favorable à la saisie d’opportunités, nombreuses dans le champ des TIC en matière de contrats de recherche collectifs.Les risques sont finalement bien plus dans notre relative incapacité à traiter l’ensemble des opportunités de contrats de recherche, notamment proposés localement que de ne pas trouver matière à financement. En particulier, ces contrats s’inscrivent souvent dans le domaine de la recherche-action, qui n’est pas toujours très bien évalué par les instances académiques. Le temps passé sur ce type de contrat, qui a, pour vertus principales outre sa capacité à financer la recherche, de permettre d’accéder plus facilement aux terrains et surtout aux acteurs, génère le risque de ne pas spontanément s’engager dans des projets de recherche plus « académiques », mais lourds à monter et avec de moindres chances de succès. La faiblesse de la reconnaissance académique, notamment en géographie, dans le domaine des recherches sur le numérique territorial constitue aussi un point difficile à surmonter. Même si de plus en plus de chercheurs intègrent le numérique dans leur travaux, peu de postes sont profilés en géographie sur cet objet, ce qui n’est pas le cas des sciences de l’information et de la communication.

B.2. Quelques projets en cours et/ou qui seront prolongés

-  Trésors numériques – dirigé par Philippe Vidal – GRR CSN (Danièle Sansy, Philippe Jeanne, Thierry Joliveau (UMR CNRS EVS, Université de Saint-Etienne), Philippe Vidal) 2015-2018.

-  e-commerce et territoire – dirigé par Samuel Deprez – (CCI du havre) 2015-2016.

-  Twitter et campagne électorale – dirigé par Sami Zlitni – GRR CSN (Michel Bussi, Carolina Chighizola, Philippe Jeanne, Foued Laroussi (DySoLa, Université de Rouen), Fabien Liénard, Sami Zlitni) 2015-2018.

-  Trace numérique (au sein du projet : l’Homme Trace, dirigé par Béatrice Galinon-Mélénec et prenant la forme d’un e-laboratoire UNITWIN COMPLEX SYSTEME DC UNESCO) et communication électronique – dirigé par Fabien Liénard et Sami Zlitni – depuis 2010, cette thématique donne lieu à de nombreuses collaborations internationales ainsi qu’à l’organisation de colloques internationaux pluridisciplinaire (2010, 2012, 2014 et 2016 en préparation).

-  (…)

B.3. Les faits marquants envisagés

-  NETCOM JOURNAL est la revue officielle de la commission "Géographie de la Société de l’information" de l’Union Géographique Internationale (UGI) et du CNFG depuis 1987. Depuis ses débuts, elle édite une livraison « papier » pour ses abonnés et est également présente gratuitement sur le web depuis 2000 (www.netcom-journal.com/). Cette revue bi-langue (anglais et français) dispose d’un comité scientifique international depuis 1997 dont font partie plusieurs membres de l’UMR. Elle traite des dimensions situées à l’articulation entre les réseaux de communication et les territoires. Pour cette raison, la revue publie également des travaux en provenance d’autres disciplines des sciences humaines (aménagement du territoire, sociologie, SIC, économie, etc.). Depuis 2005, la revue, créée par Henry Bakis est co-dirigée par Philippe Vidal. NETCOM JOURNAL figure sur la liste de référence de l’AERES depuis 2009. L’université du Havre (UMR IDEES) abrite depuis 2013 le secrétariat de rédaction (Sabrina Momollin) et la revue est mise en ligne, depuis 2014, par revues.org (http://netcom.revues.org/). La revue envisage de poursuivre son travail de reconnaissance institutionnelle puisqu’elle élabore un dossier pour demander le concours du CNRS et de l’InSHS (dans le cadre de la campagne d’aide à l’édition scientifique).

-  Plusieurs numéros de la revue NETCOM JOURNAL sont prévus sur les années à venir à l’image des deux numéros de la fin 2015 (Samuel Deprez E-commerce et territoire ; Philippe Vidal Tracer sa route) ou celui qui ponctuera le colloque international organisé par l’équipe en 2016.

-  Les membres de l’axe 4 poursuivront le travail engagé depuis 2010 et organiseront la 4ème édition du colloque international sur la Communication électronique en mai 2016.

-  Les années à venir permettront enfin de développer un projet transdisciplinaire autour de la problématique du territoire numérique normand, des déséquilibres tant du point de vue des équipements, des infrastructures que des usages et des pratiques.

B.4. Le rayonnement, l’attractivité académique, l’interaction avec l’environnement et la formation à la recherche

Le rayonnement et l’attractivité académique constituent des dimensions fortes du projet. NETCOM JOURNAL peut constituer un point d’appui supplémentaire dans le domaine de la géographie & Aménagement. Ce rayonnement devra également passer par l’obtention d’une ANR portée par des membres de l’axe 4. Notons que l’interaction avec l’environnement social, économique et culturel est déjà excellente avec l’obtention de nombreux contrats de collaboration de recherches avec les institutions locales (ADEME, Ville du Havre, CODAH, Grand Evreux Agglomération, GRR Haute-Normandie, etc.) dans le domaine du numérique. Cette interaction se réalise aussi au travers de conférences publiques données dans des structures permettant la vulgarisation scientifique (Université populaires, conférences dans des conseils de développements ou au CEREMA par exemple en Loire-Atlantique (2014), aux journées nationales des Agences d’Urbanisme (Amiens 2013), ou encore à Deauville à l’occasion du 3e forum du tourisme numérique en 2015). Les exemples seraient très nombreux et il convient de maintenir cette proximité avec les acteurs, pour l’apport financier que cela représente autant que pour la reconnaissance de l’utilité du travail des chercheurs au sein de la société. Ajoutons encore que la formation à la recherche dans le domaine du numérique est déjà bien présente dans les formations normandes, notamment à l’université du Havre en géographie et en SIC. Cela se traduira en 2015-2016 par le financement de deux thèses en géographie dans le cadre du GRR CSN (Culture et Société en Normandie) et du GRR LMN (Logistique, Mobilité, Numérique).

C. LES ENJEUX PRIVILEGIES

C.1. Les liens avec le CNRS (contrats, réseaux, etc...)

Si les liens avec le CNRS sont une réalité (convention avec l’ISCC, publications aux Editions du CNRS) ils doivent encore être renforcés. La présence de Laurent Beauguitte, chargé de recherche rattaché à notre laboratoire peut permettre d’accélérer ce rapprochement. NETCOM JOURNAL souhaite également profiter de ses compétences et de son rayonnement. Des contrats (ANR) devront enfin concrétiser et renforcer encore davantage ces liens nécessaires.

C.2. La transdisciplinarité

Un chantier scientifique transdisciplinaire devra être lancé de manière à : i) faire se rencontrer les chercheurs de l’UMR IDEES susceptibles de travailler au sein de l’axe, ii) les faire échanger sur les notions et concepts phares, qu’ils soient géographes, aménageurs, historiens, sociologues, économistes, linguistes, spécialistes en éducation ou en SIC, iii) parvenir à élaborer un projet commun à déposer auprès de bailleurs de fonds de dimension nationale.

C.3. La transversalité avec les autres axes

Les thématiques de recherche ne sont pas cloisonnées et les sociétés numériques observées sont appréhendées comme des espaces (virtuels ou non) traversés par des usages numériques (mais pas seulement) qui participent à l’émergence de nouvelles générations toujours plus connectées, au développement des sociétés en question. L’axe Sociétés numériques se veut aussi en interaction/à la croisée des autres axes de l’UMR IDEES puisque les Acteurs et les formes de la Mobilité (Axe 1) sont chaque jour un peu plus concernés par les technologies et les usages numériques, tout comme les problématiques de Temporalités, régulations, régionalisations (Axe 2) ou de Santé et Risques (Axe 3).