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Messaline, la putain impériale

par Sophie de PEINDRAY d’AMBELLE - publié le , mis à jour le

Messaline, la putain impériale

Messaline, la putain impériale

« Dès qu’elle sentait son mari endormi…, la putain impériale s’encapuchonnait et s’évanouissait dans la nuit... Camouflant ses cheveux noirs sous une perruque blonde, elle gagnait un bordel moite aux rideaux rapiécés où un box lui était affecté, elle s’y exhibait nue… Elle faisait goûter ses caresses à qui entrait, se faisait payer sa passe, renversée, ouverte, une foule la besognait et y déchargeait, et quand le bordelier libérait enfin ses filles, elle s’en allait tristement, n’ayant pu qu’être la dernière à fermer boutique, brûlante encore de la tension de sa vulve raide… »

Ainsi le poète latin Juvénal brosse-t-il dans sa sixième satire le portrait de Messaline (v. 20 apr. J.-C.- 48 apr. J.-C.), l’épouse dépravée de l’empereur Claude, qui fut accusée d’avoir secrètement divorcé de son époux pour convoler en secondes noces avec son amant et finit tragiquement poignardée. Pour la postérité, elle incarnera désormais, comme Julie, Agrippine, ou plus tard Théodora, la figure par excellence de la concupiscence sans limites, du désir féminin incontrôlé et incontrôlable, et ne cessera de hanter l’imaginaire occidental à partir de la fin du Moyen Âge. Romanciers, dramaturges, peintres, cinéastes et psychiatres, qui en feront l’archétype de la nymphomane et l’érigeront au rang d’icône de l’ère décadente, exploiteront à l’envi sa légende noire.

Mais quelle femme se cache vraiment derrière ces stéréotypes ? Dans cette première biographie française consacrée à cette figure hautement symbolique, Jean-Noël Castorio explore avec talent les multiples facettes d’un mythe qui, de Boccace à Alfred Jarry, en passant par Rodin ou Federico Fellini, a toujours fasciné.

Editions : Editions Payot

Paru le : 21 janvier 2015