Guillaume Czura

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Mots-clé : Modélisation, Simulation, Mobilité, Déplacements quotidiens, Risques technologiques, Espace intra-urbain, Cartographie, Systèmes d'Information Géographique

Doctorat : Modélisation à base d'agents de l'évacuation automobiliste dans un contexte d'accident technologique. Application à la ville de Rouen. 

Résumé : En France, en situation de crise, faisant suite à un accident ou une catastrophe (d’origine naturelle ou technologique), la mise en sécurité de la population est généralement assurée par l’émission d’une consigne de confinement, à défaut de celle d’une évacuation. Que cette dernière soit planifiée ou opérée en urgence, rares sont les retours d’expérience à son sujet. La « culture de l’évacuation » (opérée par la population) est par conséquent encore très peu développée sur les territoires français soumis à des risques, quelle qu’en soit la nature.

 
Par ailleurs, si les individus présents dans les bâtiments situés dans l’espace potentiel d’un danger sont bien identifiés, la population automobile est quant à elle relativement peu prise en compte dans les documents de gestion du risque et de crise. Cette dernière est pourtant d’autant plus vulnérable qu’elle est contrainte dans ses déplacements – au quotidien comme en cas de catastrophe – par la structure du réseau routier, les règles de conduite qui s’y appliquent et les comportements de chacun.
 
Le (bon) déroulement d’une évacuation dépend donc à la fois de la stratégie mise en place par les autorités publiques (e.g. mise en place d’itinéraires spécifiques), le cas échéant, et des dynamiques de déplacement, rythmées par les choix opérés par chaque individu présent sur le réseau dans un tel contexte (e.g. non-respect du code de la route). En effet, si certaines réactions et réponses individuelles peuvent favoriser l’évacuation rapide d’un petit nombre d’automobilistes, elles peuvent en revanche générer des conflits en certains points du réseau et en réduire l’efficacité à une échelle plus globale (de la
ville), et par conséquent, augmenter la vulnérabilité d’autres individus. 
 
L’évacuation automobile, que de nombreuses villes peinent à mettre en place, nécessite par conséquent d’être anticipée, c’est-à- dire réfléchie en amont de sorte à s’adapter au contexte au sein duquel elle doit être mise en œuvre. En ce sens, ce travail de recherche s’est proposé de développer une méthode capable de rendre compte, dans l’espace et dans le temps, des conséquences que pourraient engendrer telle ou telle stratégie d’évacuation, sur le réseau routier de la ville de Rouen. Pour cela, le contexte intra-urbain de la ville a, dans un premier temps, été reproduit par modélisation des dynamiques quotidiennes de déplacements des automobilistes rouennais. Le modèle de trafic ainsi développé a permis dedéterminer le nombre d’individus présents sur chaque tronçon routier à tout moment d’une journée « classique »
(e.g. de semaine et hors vacances). 
 
À partir de la configuration modélisée, une série de scénarios d’évacuation a dans un second temps été déroulée, combinant la mise en place ou non d’itinéraires spécifiques, le maintien ou non de la signalétique et l’adoption de la part d’un certain nombre d’automobilistes d’un comportement particulier de conduite (i.e. impatience). Cela a finalement conduit à l’identification des paramètres et des combinaisons de paramètres qui contribuent à l’efficacité du processus d’évacuation du réseau rouennais (e.g. évacuation plus rapide, moins dezones de fortes congestion) et à définir la stratégie la plus adaptée selon ces conditions.
 
Thèse réalisée sous la direction de Monsieur Emmanuel Eliot et Monsieur Éric Daudé. Soutenue le 20 nov. 2017.