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Les rendez-vous IDEES-Sciences à Rouen

Dans le cadre des projets ESCAPE et SEAROADS qui mettent en relation mobilités et vulnérabilités des populations, Louisette Garcin, ATER au laboratoire IDEES-Rouen depuis septembre 2024, nous présentera ses travaux de recherche (résumé ci-dessous) le lundi 30 mars 2026 à 10:00, salle des IDEES.
Vous êtes toutes et tous les bienvenus pour les rouennais

"De trajectoires en possibles : convergences spatiotemporelles de mobilités plurielles – Modéliser les trajectoires individuelles de mobilité quotidienne pour estimer le potentiel de regroupement spatiotemporel "

Résumé

Les mobilités quotidiennes se déclinent aujourd’hui selon une grande diversité de rythmes, de pratiques et de contextes territoriaux. Cette hétérogénéité interroge la possibilité d’organiser des formes de coordination spatiotemporelle entre trajectoires individuelles, à l’heure où les politiques de mobilité cherchent à concilier durabilité, équité et efficacité. Comprendre ces marges de convergence suppose d’analyser finement les trajectoires individuelles, à la croisée des dimensions sociales, spatiales et temporelles.

L’approche développée articule les apports de la time geography et de l’analyse spatiale, afin d’étudier les relations entre les rythmes d’activités des individus, leurs contraintes et les configurations territoriales dans lesquelles ils évoluent. Elle s’appuie sur les Enquêtes Mobilité (EMD/EMC²) menées dans trois métropoles françaises pour modéliser les principales composantes de la mobilité quotidienne : emplois du temps, espaces fréquentés, distances parcourues et modes de transport.

La méthode proposée permet d’estimer des trajectoires individuelles et de les projeter dans un espace-temps structuré, afin d’analyser la capacité de ce dernier à générer un potentiel de regroupement. À partir de ces trajectoires modélisées, différents niveaux de convergence sont identifiés, révélant comment les structures sociales et territoriales conditionnent les possibilités de coordination des mobilités.

En associant modélisation probabiliste et étude des structures spatiales, cette thèse propose un cadre généralisable permettant d’appréhender la cohérence spatiotemporelle des mobilités quotidiennes. Elle montre que le regroupement ne relève pas seulement de choix individuels, mais découle des rythmes collectifs et de l’organisation de l’espace. En ce sens, elle met en lumière les conditions structurelles qui favorisent la coordination des déplacements et ouvre des perspectives pour une mobilité plus durable.