Logo du Laboratoire IDEES.

ANR RECEIPT

Présentation du projet

• Nom de projet / Acronyme : RECEIPT - Relationship Between Coastal Erosion and Inland Geophysical Data - ICCER 2025

• Porteur du projet : Stéphane Costa

• Résumé du projet : Le changement climatique global actuel, responsable de l'intensification de l'activité océanique, exacerbe le phénomène naturel d'érosion côtière. Il en résulte d'importants dégâts matériels dans les zones côtières densément peuplées. L'un des obstacles à une gestion côtière plus résiliente réside dans la difficulté à mesurer avec précision l'intensité des événements climatiques extrêmes et dans notre compréhension encore imparfaite de leur impact sur l'érosion. Un phénomène de grande ampleur, tel qu'une tempête, peut avoir des conséquences très différentes sur un littoral selon sa nature (sableux ou rocheux), son exposition et/ou sa morphologie. Outre les données actuellement disponibles pour mesurer les mouvements océaniques en mer (comme celles fournies par les bouées instrumentées), de nombreuses mesures continues sont disponibles à terre. Les données météorologiques (force du vent, pression, précipitations, température) sont les plus connues, mais les instruments géophysiques (géodésie, gravimétrie, sismologie) peuvent également fournir des informations fiables et très pertinentes. Bien que rarement utilisé à ces fins, le signal sismique continu est fortement influencé par la houle, que ce soit en haute mer ou près des côtes, et ce sur une large gamme de fréquences. Souvent qualifié de bruit sismique – en tant que perturbation pour les études sismiques –, le signal sismique continu sert, par exemple, à tirer des conclusions générales, comme l'augmentation de l'énergie océanique ces dernières décennies. Cependant, pour éviter la contamination du signal sismique par des vibrations parasites dues à la houle et au déferlement des vagues, les stations sismiques permanentes sont généralement installées loin des côtes, ce qui limite la compréhension du phénomène en raison de l'atténuation et de la présence de diffuseurs dans la croûte terrestre. À l'inverse, lorsque les sismomètres sont installés à quelques kilomètres seulement du littoral, toutes les vibrations du sol causées par l'agitation de l'eau sont enregistrées comme une énergie diffuse. Cela signifie qu'avec des méthodes de traitement du signal innovantes et adaptées, il serait possible de mesurer l'énergie sismique reçue à terre en différents points, de manière parfaitement calibrée, afin de localiser les sources et de suivre l'évolution spatio-temporelle du phénomène. Le projet de réception propose d'utiliser des capteurs géophysiques issus de différents réseaux permanents et de les densifier temporairement dans des zones côtières ciblées. Ceci permettra de comparer les mesures terrestres avec celles des bouées et des marégraphes, ainsi qu'avec les mesures d'érosion in situ, directement sur le littoral et par télédétection. Ce projet se divise en deux parties : 1) une étude rétrospective pour mieux comprendre la série de tempêtes de l'automne 2023 (Céline, Ciaran, Domingos…), telles qu'observées par l'ensemble des capteurs en place à cette époque, en complément des mesures directes et des relevés Lidar ; et 2) une analyse sur les deux années suivantes grâce à une campagne d'acquisition de données pionnière le long des côtes des Pays de la Loire et de Normandie. Durant deux hivers et un été, l'énergie sismique induite par la houle océanique sur une large gamme de fréquences, ainsi que les déformations du sol associées (mesurées par des capteurs géodésiques et gravimétriques), fourniront un ensemble de données unique pour quantifier et suivre les événements climatiques. Le développement d'une nouvelle approche pour appréhender la complexité du phénomène sera assuré par un ingénieur recruté pour une durée de deux ans. Des mesures d'érosion in situ, réalisées dans différentes zones (trois en Pays de la Loire et deux en Normandie), viendront compléter les levés Lidar et photogrammétriques aériens. L'objectif est de déterminer la fonction de transfert entre les signaux géophysiques enregistrés lors d'un événement météorologique extrême (de sa formation à sa dissipation) et l'érosion. Il s'agit de documenter un phénomène complexe et évolutif, mais hautement reproductible, afin de mieux comprendre les liens entre l'énergie des vagues/de la houle et l'érosion, et ainsi, année après année, d'anticiper les dommages dans les zones les plus exposées aux futurs événements météorologiques extrêmes.

• Financeur : ANR

Axes associés

Axe 2. Interactions Environnements-Sociétés