Résumé de la thèse
Ce projet de thèse analyse le travail agricole sous l’angle du bien-être et de la santé, enjeux centraux pour le renouvellement des actifs, l’attractivité des filières et la transition agroécologique. Dans un contexte de crise des métiers agricoles, le bien-être au travail apparaît déterminant pour la soutenabilité des systèmes de production. Si l’écologisation des pratiques présente des bénéfices environnementaux reconnus, ses effets sur la santé et les conditions de travail restent ambivalents, combinant réduction de certains risques et possible augmentation d’une pénibilité de la charge de travail et de stress selon les modèles de production.
L’hypothèse centrale est que les exploitations biologiques ou en vin nature, malgré une pénibilité technique parfois accrue, offriraient des conditions plus émancipatrices, favorisant reconnaissance, meilleure répartition des risques et sentiment de bien-être au travail. L’enjeu méthodologique est de caractériser des ambiances de travail combinant données qualitatives (observations par immersion, entretiens avec travailleurs de statuts différents, captations vidéo et sonores des gestes), données quantitatives pour caractériser parcelles et exploitations et leur spatialisation. Cette méthode permet d’analyser les conditions objectives de travail et leur perception sensible par les travailleurs agricoles, en tenant compte des inégalités entre statuts et de l’influence des contextes territoriaux. L’objectif est de saisir et de mesurer le bien-être en modélisant des ambiances de travail plus ou moins pénibles, et d’en identifier les facteurs.
La filière viticole constitue un terrain privilégié en raison de son importance économique et culturelle en France, de la crise actuelle que la filière traverse, de sa vulnérabilité face au changement climatique et de son engagement dans la transition agroécologique. Le terrain principal se situe dans le Saumurois, avec une ouverture sur un site viticole normand.