Résumé de la thèse
Suite à l’effervescence des associations ouvrières sous la Deuxième République, le mouvement coopératif en France connaît une période de recul sous le Second Empire. Ce n’est qu’à l’orée des années 1860 qu’un renouveau se fait sentir, stimulé par le tournant dit « libéral » de l’Empire, le réveil de l’opposition démocratique et des mouvements ouvriers. Ce nouvel élan des associations est accompagné d’un renouvellement théorique et de nouveaux débats sur la nature des sociétés coopératives, sur la façon dont elles doivent opérer et à quels buts ; discussions dans un premier temps influencées par des exemples observés à l’étranger, en Angleterre et en Allemagne par exemple.
L’Association Internationale des Travailleurs, créée dans le même contexte en 1864, se préoccupe très vite de cette question coopérative qui sera abordée dans plusieurs de ses congrès. Ses premiers membres en France, se revendiquant pour la plupart d’un certain mutuellisme ouvrier, s’y intéresseront tout particulièrement. Cette thèse vise à resituer ces militants internationaux, mutuellistes puis collectivistes, dans la nébuleuse du mouvement coopératif en France, et tout particulièrement dans le département de la Seine et en Normandie : D’abord, reconstituer une partie du paysage coopératif de l’époque, puis analyser la façon dont les militants internationaux s’emparent de la question au fil des années, jusqu’à 1872, date qui signe la fin de l’Internationale en France.