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Avis de soutenance de thèse de Misia FORLEN le 8 juillet 2026

Misia FORLEN soutiendra sa thèse en sociologie, intitulée :

« Habiter la zone. Observer, filmer, comprendre les pratiques quotidiennes des travailleurs·ses mobiles dans les zones économiques spéciales (ZES) ».

Elle a été réalisée à l’Université Le Havre Normandie dans le cadre du programme RADIAN (Recherche en Art, Design, Innovation, Architecture en Normandie), sous la direction d'Arnaud Le Marchand (UMR CNRS IDEES 6266 - Université Le Havre Normandie) et de Bruno Proth (ATE - École Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie).

La soutenance aura lieu le mercredi 8 juillet 2026 en deux temps :

à 10h30 : présentation d’une installation filmique et cartographique, au Le Havre Port Center (salle panoramique), Terminal de la Citadelle, 76600 Le Havre. Un café d’accueil sera proposé à partir de 10h15.
à 14h30 : soutenance de thèse, à l’Université Le Havre Normandie (Bâtiment Affaires internationales, amphithéâtre 4), 25 rue Philippe-Lebon, 76600 Le Havre.

Le jury est composé de :

Marc BERNARDOT, Professeur des Universités, Aix-Marseille Université, Rapporteur

Florence BOUILLON, Maitresse de conférences, Université Paris 8 Vincennes St-Denis, Examinatrice

Catherine DESCHAMPS, Professeure des Universités, ENSA Paris La Villette, Rapporteure

Lucinda GROUEFF, Docteure Enseignante, ENSP Versailles, Examinatrice

Anne JARRIGEON, Maitresse de conférences HDR, Université Gustave Eiffel, Examinatrice

Arnaud LE MARCHAND, Professeur des Universités, Université Le Havre Normandie, Co-directeur de thèse

Laëtitia OVERNEY, Professeure des Universités, Université Le Havre Normandie, Présidente du jury

Bruno PROTH, Professeur des Universités, ENSA Normandie, Co-directeur de thèse

Résumé de la thèse :

« Habiter la zone » est un projet de recherche-création qui s’intéresse aux pratiques quotidiennes des travailleur·ses mobiles dans les Zones Économiques Spéciales (ZES), modèles de zones franches fonctionnant comme des enclaves économiques et fiscales. Au croisement des sciences sociales, de l’architecture et des arts visuels, cette thèse explore des formes de créations qui nourrissent en retour la recherche sur l’habiter, en lien avec les mutations du travail et des territoires industriels. Développé au sein du programme doctoral RADIAN (Recherches en Art, Design, Innovation, Architecture en Normandie), ce doctorat s’articule autour de plusieurs productions : un mémoire théorique, des créations audiovisuelles et un journal de bord, sous forme d’une carte en ligne, interactive et évolutive, permettant de spatialiser les observations, réflexions, hypothèses, tout comme les images et les sons, issus du travail hybride de recherche et de création.

Ancrée dans une approche empirique par le(s) terrain(s), la recherche documente des situations méconnues de précarité résidentielle autour des bassins d’emplois industriels, à la fois en France et en Pologne. Elle prend comme point de départ l’étude de Port-Jérôme-sur-Seine, où a été implantée depuis février 2018 la première ZES française. Ce contexte territorial et économique inédit est ensuite mis en perspective avec d’autres contextes présentant des caractéristiques similaires, afin d’établir des liens et des comparaisons à différentes échelles, à la fois métropolitaine, régionale et européenne. Le dispositif filmique doit alors s’ajuster en permanence aux enjeux et contraintes propres des différents terrains d’étude : sur un chantier du Grand Paris Express, il permet d’interroger les processus de métropolisation le long de l’axe Seine, ainsi que les contraintes liées au tournage et à la diffusion d’un film documentaire ; à Flamanville, des images tournées dans différents lieux de vie fréquentés par des personnes travaillant sur le chantier de l’EPR permettent de questionner le rapport à la famille et la place des rôles féminins dans le déplacement ; en Pologne, des vidéos YouTube réalisées par des ouvrières étrangères ouvrent des pistes de réflexion pour penser l’espace habité numérique comme une échelle d’analyse significative. Les productions audiovisuelles, perçues comme un processus actif de recherche et de création, permettent de répondre aux enjeux de représentation liés à l’invisibilisation de ces zones, ainsi que de celles et ceux qui y habitent et en dessinent les contours.