Florent AMAT, doctorant au sein du laboratoire IDEES-Rouen soutiendra prochainement sa thèse intitulée « Géοgraphie des habitats cοllectifs et écοlοgiques en France et au Québec : des alternatives rurales plurielles en faveur de la transitiοn sοciο-écοlοgique ». Vous y avez tous contribué d'une manière ou d'une autre, et je vous en remercie !
Cette thèse a été réalisée en cotutelle avec l'Institut des sciences de l'environnement de l'Université du Québec à Montréal.
La soutenance aura lieu le lundi 19 janvier à 14h à l'Université de Rouen en A069 (bâtiment Blondel). Un lien pour y assister en visioconférence sera également disponible.
Composition du jury :
Kirsten Koop - Professeure des Universités, Grenoble Alpes - Rapportrice
Juan-Luis Klein - Professeur des Universités, UQAM - Rapporteur
Camille Hochedez - Professeure des Universités, URN - Examinatrice
Arnaud Brennetot - Professeur des Universités, URN - Directeur
Laurie Guimond - Professeure des Universités, UQAM - Directrice
Christophe Imbert - Professeur des Universités, URN - Directeur
Résumé :
Les habitats collectifs et écologiques en milieu rural sont constitués par des groupes de personnes qui décident d’habiter à plusieurs sur un même terrain, à la campagne, afin d’expérimenter des modes de vie et d’organisation écologiques et alternatifs, dans une forme de politisation du quotidien. À travers l’étude de cet objet particulier dont les manifestations sont en nombre croissant depuis plus de deux décennies, en France et au Québec, cette thèse propose une contribution à une géographie politique des espaces ruraux périphériques, dans une perspective relationnelle, en observant les controverses sur leur avenir et sur leur place dans la transition socio-écologique. Par un regard porté à toutes les échelles et à travers diverses spatialités, elle met en lumière comment ces collectifs articulent différemment des rapports à l’espace et des idées politiques variés, aboutissant à des stratégies socio-spatiales diverses allant du repli micro-local dans une perspective presque autarcique à une ouverture large sur des réseaux (trans)nationaux dans une volonté de peser à ces échelles, en passant par une très forte implication dans le développement territorial dans l’espoir d’une transformation sociale par le bas. Pour ce faire, cette thèse se penche sur les discours et pratiques des collectifs, d’une part. D’autre part, elle s’intéresse à leurs interactions entre eux ainsi qu’avec une diversité d’acteurs, en particulier les élus et personnels administratifs locaux, en mobilisant les notions de territoire, territorialité, territorialisation et réticularité. Elle met ainsi en valeur la variété des modalités d’engagement politique de ces collectifs en lien avec leurs rapports à l’espace, au-delà de la seule politique du quotidien, mais aussi le poids que peuvent avoir des considérations d’ordres pragmatique, économique, affectif, ou autres dans de tels projets. Ces résultats permettent de replacer les collectifs dans des contextes plus larges, dont ceux de la mutation des espaces ruraux et de la transition socio-écologique, et de penser leur contribution à la quête de solutions aux crises sociales et environnementales. En mobilisant une approche multi-située et une méthodologie mixte, cette thèse permet de dépasser la lecture micro-sociale souvent propre à ce type d’objet. La méthodologie articule une enquête qualitative de terrain, une analyse du discours, une analyse spatiale et une analyse de réseau web, qui permettent de scruter les habitats collectifs et écologiques aux échelles québécoise et française, ainsi que sur Internet, et au sein de la région de la Gaspésie et des départements de l’Ariège et de l’Orne.