Thèmes de recherche
Béatrice Galinon-Mélénec fait l'hypothèse que des "processus traçuels" traversent tout l'univers et donne à cette notion la possibilité de placer l'analyse de tout existant à partir de ce cadre heuristique général. Les processus traçuels se nomment ainsi à partir de leur capacité à produire des conséquences que l'humain nomme "traces" quand il les perçoit et les interprète. Cependant, les processus traçuels peuvent produire des traces invisibles pour l'humain. Pour distinguer ces traces invisibles de celles que l'humain perçoit et interprète, Galinon-Mélénec désigne ces dernières par le terme "signe-trace". Ce qui signifie que pour elle, tout signe est analysé ici comme la conséquence d'une multitude de processus traçuels. Parmi eux, les processus traçuels qui agissent le corps qui perçoit. Appeler ce corps un "corps-trace" permet à l'auteur de replacer chaque corps en interaction avec son milieu (au sens large) dans la différence et dans un changement continu dû aux processus traçuels qui le traversent en permanence. Le "paradigme de l'Homme-trace" qu'elle propose repose sur quatre niveaux d'intelligibilité : les processus traçuels (niveau ontologique), les traces (niveau générique des conséquences), les signes-traces (niveau anthropologique de l'interprétation) et l'Homme-Trace (niveau anthropologique du sujet vivant inscrit dans ces processus).
Son analyse de la communication des écosystèmes vivants ou non à partir de la dynamique des "processus traçuels" la place, d'une part dans le domaine d'une anthropologie de la communication située dans l'héritage de la pensée systémique de l'anthropologue américain Gregory Bateson et des chercheurs associés à son Institut de recherches (Palo Alto) et, d'autre part, dans le courant de la pensée de la complexité développée en France par Edgar Morin.